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mardi 29 décembre 2009

La poésie de Du Bellay

 Par Oscar de Jarjayes



Chers Seigneurs, nous voici projetés au XVIè siècle, dans sa splendeur verbale et lyrique de l’âge de Renaissance, avec certaines des plus belles poésies de Joachim du Bellay!

Sa biographie


Joachim du Bellay (château de la Turmelière, Maine-et-Loire, 1522 – Paris, 1560) est un poète français. Il fut le fondateur avec Ronsard du groupe de poètes de la Pléiade.

Joachim du Bellay naît vers 1522 à Liré, au château de la Turmelière. François Ier est alors roi de France ; c’est la Renaissance, des arts et de la culture en particulier. Issu d’une famille de noblesse ancienne, le jeune Joachim est orphelin très tôt.

En 1547, étudiant à l’université de Poitiers, il se lie d’amitié avec Ronsard. Ensemble, ils rejoignent Paris et le Collège Coqueret, où l’helléniste Jean Dorat leur fait découvrir les auteurs de l’Antiquité et ceux de la poésie italienne. Autour de lui se forme les auteurs de la Pléiade.

En 1549, du Bellay signe Défense et illustration de la langue française, inspiré des idées du groupe — défendre le français contre la domination du latin, cultiver les genres nouveaux, enrichir le vocabulaire, etc. L’Olive (1549) est le premier recueil en français de sonnets amoureux.

De 1553 à 1557, du Bellay devient secrétaire, à Rome, du cardinal Jean du Bellay, cousin de son père et célèbre diplomate. Le poète découvre la ville mythique de l’Antiquité, qui n’est plus que ruines, faste et débauche. Le dégoût et le regret s’emparent du poète, sentiments qui lui inspireront ses plus belles pages.

En 1557, il rentre en France et publie Les antiquités de Rome, les Divers Jeux Rustiques et Les Regrets (1558). Ces écrits sont reconnus en leur temps et valent à Joachim du Bellay de participer à la vie intellectuelle parisienne.

Mais malade, il s’éteint subitement, à sa table de travail, dans la nuit du 1er janvier 1560. Il est enterré dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais sa sépulture a été perdue.


Joachim DU BELLAY (1522-1560)


D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces œillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.


Ruines du château de Liré

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.


Je ne veux point fouiller au sein de la nature

Je ne veux point fouiller au sein de la nature,
Je ne veux point chercher l’esprit de l’univers,
Je ne veux point sonder les abîmes couverts,
Ni dessiner du ciel la belle architecture.

Je ne peins mes tableaux de si riche peinture,
Et si hauts arguments ne recherche à mes vers :
Mais suivant de ce lieu les accidents divers,
Soit de bien, soit de mal, j’écris à l’aventure.

Je me plains à mes vers, si j’ai quelque regret :
Je me ris avec eux, je leur dis mon secret,
Comme étant de mon cœur les plus sûrs secrétaires.

Aussi ne veux-je tant les peigner et friser,
Et de plus braves noms ne les veux déguiser
Que de papiers journaux ou bien de commentaires.




Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux,
Je n’escris de beauté, n’ayant belle maistresse,
Je n’escris de douceur, n’esprouvant que rudesse,
Je n’escris de plaisir, me trouvant douloureux ;

Je n’escris de bonheur, me trouvant malheureux,
Je n’escris de faveur, ne voyant ma Princesse,
Je n’escris de trésors, n’ayant point de richesse,
Je n’escris de santé, me sentant langoureux :

Je n’escris de la Court, estant loing de mon Prince,
Je n’escris de la France, en estrange province,
Je n’escris de l’honneur, n’en voyant point icy ;

                                                            Je n’escris d’amitié, ne trouvant que feintise,
                                                            Je n’escris de vertu, n’en trouvant point aussi,
                                                            Je n’escris de sçavoir, entre les gens d’eglis

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