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dimanche 17 octobre 2010

Ganagobie: le Prieuré des Hautes Terres


par Oscar de Jarjayes

En Provence, chacun sait que la Durance au cours sinueux miroite vers un ciel toujours bleu les eaux de la vie et de l’inspiration.
Giono, Pagnol, mais aussi Alphonse Daudet ou Guy de Maupassant ont chanté de leurs vers le chant capricieux de son cours.
Dominant du haut d’un plateau de calcaires en poudingues la vallée lumineuse, le plateau de Ganagobie fait front depuis des siècles comme une sentinelle rompue aux mistral et à la neige.


Son monastère est un lieu unique où j’aime à me ressourcer.
Ses sentiers ombreux sentent déjà le chêne vert et la garrigue.
L’architecture évoque immanquablement la Via Domitia, toute proche, et les grégoriens médiévaux.
Le silence y est roi, et la solitude qu’on y éprouve est rassurante, le temps semble s’y être suspendu.
Je vous invite aujourd’hui à me suivre en cette promenade spirituelle faite d’ombre et de lumière, de chaleur et d’introspection.


Situé sur un plateau boisé éponyme dominant la vallée supérieure de la Durance, le monastère de Ganagobie peut être atteint par un petit sentier escarpé en une quinzaine de minutes à peine. Fondé au Xème siècle par l’évêque de Sisteron et rattaché à Cluny peu de temps après son achèvement, ce monastère bénédictin qui accueille à nouveau une communauté de moine depuis 1987 se laisse visiter dans son aile Ouest.



L’église, outre sa beauté intrinsèque, renferme un véritable trésor : un pavement de mosaïque de 70m2 évoquant les entrelacs et chatoiement des tapis d’Orient.

Griffons, aigles et entrelacs d’inspiration Celtique…
 
 
Allégories mythologiques et évocations Bibliques…
L’ange Gabriel terrassant le dragon…


Bestiaires oniriques et orientaux complètent cette fresque inouïe.
Un métissage incroyable témoigne d’un art Carolingien flamboyant!


La bibliothèque du prieuré, forte de 100.000 volumes dont certains manuscrits très précieux composés au XIIème siècle constitue un véritable trésor de mémoire pour les bibliophiles avertis et les chercheurs.

Mais qu’il soit laïc ou croyant, le monastère de Ganagobie accueille également le pèlerin en retraite. Car la vie ressemble parfois à une longue traversée houleuse, sans carte ni boussole, le prieuré offre à chacun sans prosélytisme aucun, le moyen de faire une halte au port. Un moyen comme un autre pour se re situer sur la carte et faire le point, avant de repartir vers le grand large.


Le prieuré de Ganagobie et ses merveilles se situent à Forcalquier, 04, entre Manosque et Sisteron.
Sa communauté de 12 frères bénédictins est rattachée à celle de Saint Pierre de Chartreuse (38) et plus anciennement à celle de Hautecombe (lac du Bourget, dep. 74).

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