jeudi 13 janvier 2011

L'île interdite: un lieu où il fait bon jouer.

Par Oscar de Jarjayes



Messeigneurs,


L’île interdite est un jeu de Matt Leacock, celui-là même quifit parler de lui avec Pandémie, publié chez Filosofia.
Ce nouveau jeu est lui paru chez nos amis de Cocktail Games, managé par le sympathique et efficace Matthieu d’Epenoux.

Le jeu ne pourra qu’être comparé à son aîné tant la mécanique est proche, mais le thème revisité et une simplification notoire de la règle le rend accessible au plus grand nombre; la preuve en images.

Le voyage dans ce vestige d’Atlantide ne sera pas de tout repos, et s’il n’existe qu’une façon de gagner (quitter l’île par l’héliport avec les 4 trésors mythiques), les protagonistes auront maintes occasions d’abdiquer face à l’adversité: si les sites de récupération d’un trésor venaient à sombrer, si l’île était complétement engloutie, si l’un des personnages ne parvenait pas à quitter le précaire îlot à temps….



Sur ce cliché, le curseur de « propagation » ou plutôt d’immersion, avec le nombre de cartes d’engloutissement à tirer à chaque fin de tour, et le niveau de difficulté de départ.
A gauche, les cartes qui serviront à immerger puis engloutir les sites qui composent l’île.



Voici l’île de tous les désirs et de tous les dangers.
Les trésors sont placés en bordure.
Noter que je n’y ai pas encore retourné les 6 sites de départ qui sont déjà partiellement immergés.
Sur ce tablier de tuiles, les pions-joueurs pourront se déplacer orthogonalement, assécher des sites, y défausser 4 cartes pour récupérer le trésor correspondant au site, tout ceci à l’aide de 3 actions.




Comme dans Pandémie, chaque joueur incarne un aventurier aux compétences particulières, qui permettent de tricher quelque peu avec les principes de base.







Voici les 4 trésors tant convoités.



De belle facture, ils portent par ailleurs de bien jolis noms, à la limite de l’onirique (Calice de l’Onde, Statue du Zéphyr, Cristal Ardent…)
Ceci ajouté à une qualité d’illustration indéniable rappelant l’univers de Myst (jeu PC incontournable), à la fois hyper-technologique et u-chronique, tout est réuni pour créer un jeu immersif (jeu de mots à la Maître Capello).




Lorsqu’il s’agit d’agir « pour le jeu », on pioche autant de cartes d’immersion qu’indiqué par le curseur.
A chaque site correspond donc une carte, qui sera retirée du paquet sitôt que le site aura irrémédiablement coulé, augmentant de ce fait la probabilité de tirer les cartes des autres sites.




Néanmoins, le jeu reste plus facile que Pandémie car il n’y a pas ici de réactions en chaîne du type « éclosions ».
Certaines tuiles doivent être privilégiées: celles qui permettent de récupérer les trésors et surtout l’héliport, seul lieu qui permette de fuir cette île infernale.
Pour montrer qu’une tuile est immergée, il suffit de la retourner.
Elle affiche alors une teinte bleutée, dans une jolie transparence qui évoque son lent glissement vers les ondes froides de l’oubli…


Pour récupérer un trésor il faudra défausser 4 cartes correspondant à la merveille convoitée, et ce sur une tuile appropriée.
Ces tuiles sont à privilégier dans la lutte contre l’immersion, et l’on ne pourra vaincre qu’à la condition d’avoir emporté les 4 trésors.


Quand un joueur a effectué ses 3 actions, et avant qu’il ne pioche les cartes d’immersion, il va récupérer 2 cartes trésors, qui comportent parmi elles des aides (sac de sable pour assécher une tuile lointaine, hélicoptère pour transporter un groupe d’aventuriers…), mais également des cartes de Montée des eaux: le curseur progresse et la quantité de cartes d’immersion à piocher ne tardera pas à augmenter!…
 




L’Île Interdite est un jeu fort sympathique, très soigné et fluide.
L’on pourra toutefois lui reprocher les défaut habituels des jeux coopératifs: choix d’action souvent évidents et répétitifs, tendance à dominer les débats si l’on est plus expérimenté et directif.
Pour autant, son thème plus attirant que Pandémie et ses moindres subtilités (pas de double valeur pour les cartes: comme dans Pandémie où l’on pouvait les jouer aussi pour gérer ses déplacements) le destinent à un public de joueurs profanes ou jeune.
A noter qu’il est fort possible d’y jouer en solitaire.




L’autre jeu de l’auteur:



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