par Oscar de Jarjayes
Dans cette solitude qui me sied tant, j’ai voulu aller à la rencontre des feux de Beltaine.
Au détour d’un sentier perdu, j’ai oublié le vaste monde des hommes et leur agitation, qui semble être la seule permanence dans l’impermanence des choses.
Rapidement, il n’y eut plus qu’un océan de verdure pour répondre au bleu du ciel, et pour répondre au crissement du gravier sous mes pieds, il n’y eut plus que le silence.
Mai,
alors que mon ami le saule voit s’égrainer ce qu’il reste de ses jours, c’est l’aubépine qui se pare de fleurs pour qu’on la célèbre.
Se faisant échos de la lumière céleste, elle invite à son ombre les mille insectes vrombissants qui tracent des flèches étincelantes entre la Terre et l’azur.
Les jeunes filles romantiques ne doivent pas oublier de passer sous un arc d’aubépines en fleurs au mois de Mai : c’est la seule façon d’être certaines de trouver à se marier lors de ce cycle annuel !
Certains êtres du petit peuple en sont déjà à féconder le sol de leurs rejetons d’argent.
Mai.
En cette insondable musique des sphères, les astres n’habitent pas toujours aux confins des cieux, il en est d’autres, tout aussi lumineux, qui sont les fruits de Mai, que l’on peut explorer à loisir pour peu qu’on songe à se pencher vers eux.
On doit leur babillements incessants à la générosité des mamelles de Brigit, celle qui en Février redonna vie aux sources sacrées.
L’équinoxe de Mars, souvenez-vous, avait exigé que l’on consume des branches d’ajonc.
Blottie aux fond des corolles douceâtres des balais de lumières, la splendeur du printemps régale encore nos sens.
L’ajonc qui nous attire par son éclat et ses fragrances divines remet toujours l’homme sur le droit chemin.
Si le temps est un cercle sans fin, si la vie s’inscrit dans un triple disque de feu, la substance motrice de toute existence, celle de mes frères les arbres, celle de mes enfants, ou celle encore de mes étoiles-mères, cette vie tenue mais têtue au point de ne cesser d’exister se tient en un triptyque de spirales discrètes.
Si le Dandelion s’en souvient, comment pourrais-je, moi, l’oublier ?
Mai.
Alors que nos ombres diminuent et que le soleil ne cesse d’affirmer sa grandeur au monde, Beltaine fait danser les filles pieds-nus dans les hautes herbes, des couronnes de chêne et de saule tressées dans leurs cheveux.
Le brasier de la vie brûle partout, de l’inframonde jusqu’aux plus hautes cimes, et dans cette inénarrable ronde, difficile de ne pas se sentir un court instant comme une parcelle de lumière, le petit roi d’un univers avec lequel on se confond, à tout jamais.
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Oscar


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