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lundi 11 janvier 2010

Janvier Celte: le chaudron de Dagda

 Par Oscar de Jarjayes

Janvier : l’Hiver Celtique
Dagda
Le mois du sureau est aussi le mois du froid. En ce sens, la valeur mise en avant dans la société Celtique est l’hospitalité, qui deviendra légendaire chez les Gallois et les Écossais.
Jadis, l’hospitalité était personnifiée par le Dagda.
Père de tous les dieux, à la manière d’un Zeus grec, Dagda, dont le nom signifie « le dieu bon », est représenté systématiquement avec un chaudron magique en attribut.

Il est également accompagné de deux porcs, l’un mijotant tout le temps, l’autre vivant.
Autour de lui les arbres sont couverts de fruits mûrs car il est le seigneur de l’autre monde, là où rien ne manque, le monde de l’éternelle satisfaction.
Pansu et gras, le Dagda réussit, dans la légende, à ingurgiter 80 gallons (= 360 litres) de lait, de farine et de graisse, à l’aide d’une cuillère géante que les géants borgnes des terres du Nord lui avaient préparés pour mettre à l’épreuve son appétit incroyable.
Tour à tour créateur et destructeur, il possédait un énorme bâton de sureau. D’un simple coup il pouvait tuer neuf hommes, et les ramener à la vie d’un coup de l’autre extrémité.
Cette symbolique évoque à la fois le désir d’abondance au beau milieu de l’hiver, et l’exigence d’hospitalité que chacun doit à son prochain en ces périodes froides et sombres du mois de janvier. On retrouve par ailleurs les propriétés magiques du sureau, qui, se balançant tout à la fois avant et après le solstice d’hiver porte en lui la capacité à détruire et à créer, à tuer et à faire naître, véritable berceau de l’univers, Monsieur Sureau mérite mieux que de s’abriter en toute indifférence aux ombrages des vieux murs de nos maisons ancestrales !


Le rituel du chaudron des pommes.

Dans les régions de Grande-Bretagne où il y a beaucoup de pommiers la 12e nuit de l’année était le moment où l’on pratiquait le "wassailing". Un chaudron de Noël rempli de bière ou de cidre épicé et chaud, avec des morceaux de pommes grillées à l’intérieur, était servi au sein des vergers. Chacun portait un toast pour chaque arbre, l’un après l’autre. Ce qui restait du contenu du chaudron était versé aux racines des arbres afin d’obtenir une abondante récolte de pommes l’automne suivant.
Le contenu de ce chaudron était parfois appelé « laine d’agneaux » à cause de l’apparence floconneuse de la chair de la pomme.

Voici la recette, si ancienne, de cette libation païenne :
Ingrédients :
– six pommes
– 12 tasses de bière brune ou de cidre brut
– une tasse de sherry
– 100 g de sucre
– une cuillère à café de noix de muscade
– une cuillère à café de gingembre
– trois clous de girofle
Préparation :
faire cuire les pommes jusqu’à ce que la chair suinte hors de la peau.
Verser tous les autres ingrédients dans une casserole et faire mijoter 10 minutes jusqu’à ce que le sucre soit dissout, ne pas faire bouillir.
Verser dans un bol chauffé et recouvrir de crème fraîche.
Servir avec des cuillères pour se partager les pommes.




Pour finir, voici quelques formulations de vœux traditionnels d’Écosse ou d’Irlande :
* Puissiez-vous avoir des paroles chaudes par un soir froid, une pleine lune sur une nuit sombre, et un chemin qui descende jusqu’à votre porte!
* Que votre cheminée fume longtemps, que vos réserves ne se gâtent jamais, et que jamais une petite souris ne parte affamée de chez vous !

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