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lundi 11 janvier 2010

Oscar et la Révolution: Mythes, Réalités ... et Jeux de Sociétés

par Oscar de Jarjayes


Chers Seigneurs,
tout au long de cet article, nous tenterons de démêler ce qui, dans l’histoire d’Oscar, tient de la légende et ce qui est du domaine de la réalité probable. Nous évoquerons les jeux qui sont inspiré de cette douloureuse métamorphose de la société française, et les annotations relatives à l’anime japonais sont en italique pour rappel au sein de la partie historique de l’article.
Pour un portrait du chevalier François de Jarjayes, je vous renverrai sur la page de ce même site.
Voyage dans le temps, dans le rêve romantique et dans notre enfance de quadragénaires nostalgiques!
Oscar pour vous servir Nobles Amis!

Lady Oscar de Jarjayes. Le dessin animé.
En 1755 naquit Oscar de Jarjayes, fille du Général de Jarjayes. Celui-ci ayant déjà 6 filles et rêvant enfin d’avoir un garçon, prend la cruelle décision de l’élever en tant que tel pour que plus tard elle puisse servir le roi comme toutes les générations des Jarjayes précédentes.
C’est ainsi qu’à l’âge de 14 ans et après un duel avec le Comte de Girodelle, Oscar est promue Capitaine de la Garde Royale et entre au service de la future reine Marie-Antoinette d’Autriche.
Elle qui au début ne voulait pas servir une femme se lie d’une profonde amitié avec celle qui deviendra très vite Reine de France.
Oscar tombe amoureuse du Duc de Fersen et comme elle sait que celui-ci lui préfère Marie-Antoinette elle demande à la reine de la relever de sa garde et est transférée au commandement des Grenadiers de la Garde Française (troupes employées à réprimer le peuple lors de soulèvements.)
Petit à petit la royauté décline, les fastes de la noblesse avec les réceptions démesurées, l’affaire du collier de la reine, les problèmes de famine vont commencer à discréditer la famille royale.
Oscar se rend bien compte qu’un vent de révolte est en train de s’emparer du pays et elle tente même d’ouvrir les yeux de Marie-Antoinette mais peine perdue celle qui au début était une reine timide prête à écouter les conseils est devenue froide, insensible et oublie ceux par qui elle devenue reine.
Le renvoi de Necker, le ministre des finances, met le feu aux poudres et le peuple furieux marche sur Paris.
Oscar découvre en même temps qu’elle est atteinte de tuberculose, que ses jours sont comptés et qu’André Grandier son ami d’enfance va devenir aveugle.
Au vu des évènements terribles et n’ayant plus rien à perdre elle avoue son amour à André mais malheureusement celui-ci est tué peu après alors que le bataillon que commande Oscar est en fuite pour avoir pris part à la révolution et choisit de défendre le peuple envers la monarchie.
Le 14 Juillet 1789, Oscar prend le commandement des canonniers et part à l’assaut de la Bastille mais avant la fin de la prise de cette dernière elle est abattue par les soldats et sa dernière pensée ira pour André son grand amour.
Lady Oscar est un anime japonais en 40 épisodes de 25 minutes, créée d’après le manga ’ La Rose de Versailles’ de Riyoko Ikeda et diffusée du 10 octobre 1979 au 3 septembre 1980 sur NTV. En France, la série a été diffusée à partir du 8 septembre 1986 sur Antenne 2 dans l’émission Récré A2, rediffusée en 1989 toujours sur Antenne 2, puis en 1998 sur France 3 dans l’émission Les Minikeums et enfin en 2005 sur Mangas.
Auparavant, une comédie musicale fut interprétée par la revue Takarazuka, intitulée
« Berubara Gran Roman », compilée par Ueda Shinji en 1974. Ensuite, en 1976, l’histoire de la Rose de Versailles fut adaptée en feuilleton radio, et quelques années plus tard seulement, Riyoko Ikeda donna son accord pour des adaptations sur écran. La première de ces adaptations fut un film pour le cinéma : réalisée par Jacques Demy, sur des musiques de Michel Legrand et tournée en France en 1978, c’était cependant une production japonaise, jouée en anglais, dont la première fut jouée dans les cinémas japonais le 3 mars 1979. Le développement du film ayant concentré l’histoire sur le personnage d’Oscar, le film prit pour titre Lady Oscar. La version animée s’inspira à la fois du film et du manga, et prit pour titre Lady Oscar pour l’exportation. La Rose de Versailles à laquelle le titre original fait allusion est Marie-Antoinette, reine de France.
La version animée est composée de 42 épisodes : Outre les 40 épisodes réguliers, un épisode de compilation a également été produit, intitulé « Berusaiyu No Bara To Onnatachi » (La Rose de Versailles et les femmes). De plus, un autre épisode tout à fait mystérieux, produit en mars 1979 et vu à la télévision dans seulement quelques régions du Japon, intitulé « Moetsukita Bara no Shouzou » (Portraits des roses brûlantes). Ces deux épisodes spéciaux n’ont jamais été exportés, mais l’épisode 41 est très célèbre au Japon.

Du mythe à la Réalité
De la Monarchie Absolue à la Révolution Française

La société sous l’Ancien Régime repose sur l’existence de lois particulières, les privilèges (lex privata, lois privées) qui sont les statuts dont disposent non seulement les corps constitués tels que le clergé et la noblesse, mais aussi les provinces, les villes et les corporations.
La Révolution française qui naît d’une crise financière, concentre essentiellement discours et critiques sur les privilèges fiscaux du clergé et de la noblesse (le poids des impôts est inégalement réparti entre ceux-ci et le tiers état alors que celui-ci est le plus productif). Mais à l’intérieur même du tiers état, il y a de fortes différences selon le mêtier, la province voire la ville. Les lois sont différentes en Bretagne et en Languedoc .
Ce manque d’unicité de la loi sous l’Ancien Régime est soit le fruit des agrandissements du royaume (le nouveau territoire reconnaît la souveraineté du roi de France et demande à celui-ci le respect de ses coutumes), soit des traditions sociales (par exemple, la noblesse ne paie pas l’impôt de la taille personnelle mais en échange doit payer « l’impôt du sang » c’est-à-dire faire la guerre pour le royaume ; les habitants du village de Domrémy ne paient pas d’impôts) ou professionnelles (par exemple les savetiers ont des privilèges que n’ont pas les cabaretiers et inversement, sachant que ces privilèges varient d’une province à l’autre)
Les privilèges sont en principe des garanties de liberté contre les abus du pouvoir mais dans la pratique, ils gênent l’établissement d’une politique générale, entravent les volontés de réforme du gouvernement, (notamment sous Louis XV), ralentissent les échanges (il y a des péages d’une province à l’autre, voire d’une ville à l’autre). Ils figent la société.
Au XVIIIe siècle, l’essor de nouvelles catégories sociales dans les villes et dans les gros bourgs est indéniable. Parmi les nouvelles couches, on trouve la bourgeoisie marchande ou financière, qui profite de l’enrichissement global, et les laboureurs, des paysans riches qui peuvent offrir à leurs enfants une éducation. La bourgeoisie aspire à occuper de hautes fonctions dans le royaume.
Cependant la société semble se figer, l’accès à la noblesse se ferme. Dans les années 1780, les nobles qui ont besoin de numéraire remettent en vigueur des droits féodaux oubliés et contrôlent de manière plus tatillonne leur perception : c’est la réaction nobiliaire. À la fin des années 1780, les mauvaises récoltes jettent à la rue les membres les plus fragiles des communautés.

La contestation de la monarchie absolue
Garde entièrement dévoué à Sa Majesté Marie Antoinette, Oscar et ses certitudes sont mises à mal par les visites fréquentes d’André au milieu du Peuple qui crie famine. Oscar ne reste pas insensible aux souffrances du Tiers Etat, même si elle est souvent prise à partie par ses représentants les plus excédés qui vouent une haine féroce à a Noblesse.
En 1788, le pouvoir repose sur la monarchie absolue de droit divin. Le roi tient son pouvoir de Dieu comme le montre la cérémonie du sacre à Reims, au début de son règne ; la tradition monarchique s’inscrit dans le respect des coutumes, c’est-à-dire des libertés et des privilèges accordés à certains individus, certaines villes ou provinces. Le roi règne sur le pays en maître incontesté et se trouve, en tant que « seigneur des seigneurs », aux prises avec une noblesse turbulente plus ou moins domestiquée depuis Louis XIV. Les bases de ce système politique sont contestées et attaquées dans la seconde partie du XVIIIe siècle.
La philosophie des Lumières a joué un rôle déterminant dans la tournure que prirent les évènements mais son influence est à nuancer : accorder trop d’importance aux préceptes nés durant ce siècle se révélerait être un manque de fidélité historiographique majeur. Contre la monarchie absolue à la française, le modèle anglais d’une monarchie limitée par un parlement (assemblée élue) est mis en avant. À l’obéissance du sujet, s’opposent les droits du citoyen. Rousseau défend l’idée que le pouvoir souverain suprême réside dans la Nation et s’oppose à Voltaire partisan du despotisme éclairé et donc favorable à l’absolutisme mais qui en mettant la Raison au centre de tout, s’oppose aux fondements religieux de la monarchie française.
Les ordres privilégiés se révoltent aussi contre le pouvoir royal. En effet, l’absolutisme les a privés de leurs prérogatives traditionnelles. Les Parlements sont des cours de justice sous l’Ancien Régime. Ils profitent du droit traditionnel qui leur permet d’émettre des remarques lors de l’enregistrement des lois dans les registres des parlements pour critiquer le pouvoir royal. Bien qu’ils défendent avant tout leurs privilèges, ils arrivent à passer, aux yeux de l’opinion publique, comme les défenseurs du peuple.
La noblesse, évincée du pouvoir sous Louis XIV, ne rêve que de revenir aux affaires. À cette revendication politique, se double une revendication économique. Les nobles n’ont pas le droit d’exercer un grand nombre d’activités économiques sous peine de « déroger », c’est-à-dire de perdre leurs privilèges. Dans un siècle où la rente de la terre stagne et où les frais de représentation (costumes, carrosses…) sont de plus en plus élevés, leur pouvoir d’achat diminue. La noblesse s’arc-boute sur ses anciens privilèges, principalement les droits féodaux, et exige le paiement de certaines taxes féodales tombées en désuétude. Elle s’arroge aussi l’exploitation exclusive de certains communaux, ces terres non cultivées où, traditionnellement, les paysans pauvres pouvaient faire paître leurs quelques bêtes. Cette crispation est très mal vécue par les paysans qui réclament l’abolition des droits féodaux pour soulager leur misère. La mauvaise récolte de 1788, due à un épisode d’échaudage des grains, provoquant une hausse des prix du grains ne fera rien pour arranger la misère des paysans et est aujourd’hui présentée par divers historiens comme une des causes de l’agitation populaire et de la Révolution, le politique étant considéré comme responsable du manque de grains. À preuve, notamment, on peut citer ces femmes qui iront à Versailles demander que sortent « Le Boulanger, la Boulangère, et le petit mitron ». Des révoltes de subsistances en 1788 attestent elles aussi d’une crise frumentaire à l’origine partielle de la Révolution.
Malgré tout, dans leur immense majorité, les Français de 1789 n’imaginent pas une Révolution violente avec une abolition de la monarchie. Le roi est depuis son avènement présenté par l’iconographie royale comme un second « père du peuple », dans un parallèle fait avec Louis XII, puis comme « père des Français ». Une réforme profonde de l’État est espérée et ce, dans un climat pacifique. Si en 1789, le souverain est encore aimé et respecté, son image paternelle se dégradera rapidement par la suite – dès 1791 – notamment par la multiplication des vetos qu’il met à l’Assemblée législative.

L’échec des réformes politiques
Oscar, en toussant, macule ses gants de taches de sang. La tuberculose, sûrement contractée lors de son séjour auprès du Petit Dauphin agonisant, ne lui laisse qu’un faible espoir d’avenir.
Louis XV et Louis XVI ne sont pas restés insensibles à la diffusion des idées nouvelles et au blocage des institutions. Mais ils n’ont pas l’autorité de leur prédécesseur Louis XIV pour imposer aux privilégiés les changements nécessaires.
La Réforme judiciaire du chancelier de Maupeou, décidée à la fin du règne de Louis XV, est abandonnée par Louis XVI qui cède devant les parlements.
La Réforme fiscale : le problème des rois a toujours été le budget. Depuis le XVIIIe siècle, celui-ci est fortement déficitaire. En effet, le principal impôt direct, la taille, ne pèse que sur les non-privilégiés. Le souci des monarques est donc d’augmenter les rentrées fiscales. Des impôts nouveaux qui pèsent sur tous, quel que soit l’ordre, s’ajoutent aux impôts anciens: la « capitation depuis 1701 », qui porte sur toutes les têtes mais qui pèse plus en proportion sur les non privilégiés, le « vingtième » qui frappe tous les revenus (en théorie 1/20e du revenu) mais les nobles et le clergé le rachètent, c’est-à-dire le paient une fois pour toute et en sont ensuite débarrassés. Les impôts nouveaux n’empêchent pas le déficit et la dette publique de se creuser tout au long du XVIIIe siècle. Le 19 février 1781, Necker publie le Compte rendu au roi par M. Necker, Directeur général des Finances et, ainsi, rend public le budget du royaume. L’État perçoit 503 millions de livres de recettes pour 620 millions de livres de dépenses. Le service de la dette occupe à lui seul 310 millions de livres, soit la moitié des dépenses. L’opinion publique est scandalisée d’apprendre que la cour dépense 36 millions de livres en fêtes et pensions pour les courtisans.
La monarchie ne peut faire aboutir aucune réforme fiscale à cause de l’obstruction systématique des Parlementaires. La « Journée des tuiles de Grenoble » qui a lieu en 1788 illustre l’alliance contre-nature entre les parlements et le peuple. Les protestations des familles touchées par la crise économique se multipliant depuis mai, ces agitations poussent la garnison à intervenir le 7 juin. Celle-ci est reçue par des jets de tuiles lancées par les habitants de Grenoble montés sur les toits. Après la « journée des tuiles », une assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) se réunit au château de Vizille et décide la grève des impôts tant que les États généraux de la province n’auront pas été convoqués par le roi pour les voter. En faillite et incapable de rétablir l’ordre, Louis XVI cède en août 1788 et convoque les États-Généraux pour le 1er mai 1789.

L’année 1789 marque la fin de la monarchie absolue et de l’Ancien Régime
La révolution juridique (mai-début juillet 1789)

Oscar est consternée de voir quel est le traitement réservé aux élus du peuple.
Par ailleurs, elle est définitivement convaincue que la cécité d’André est irréversible, malgré que ce dernier fasse tout pour que l’on croie qu’il y voit encore.

La réunion des États généraux a suscité de grands espoirs parmi la population française. Les paysans espèrent une amélioration de leurs conditions de vie avec l’allègement, voire l’abandon des droits féodaux. La bourgeoisie espère l’instauration de l’égalité en droit et l’établissement d’une monarchie parlementaire à l’anglaise[réf. souhaitée]. Elle peut compter sur le soutien d’une petite partie de la noblesse acquise aux idées nouvelles et du bas-clergé qui vit auprès du peuple et est sensible aux difficultés de celui-ci. Ceci explique l’animation du débat politique pendant l’élection des députés aux États-Généraux. Les débats portent, entre autres, sur l’organisation des États-Généraux. En effet, traditionnellement, chaque ordre élisait à peu près le même nombre de députés. Les élus de chaque ordre se réunissaient, débattaient et votaient séparément. Le résultat du vote de chaque ordre comptait pour une voix. C’était le principe du vote par ordre. De ce fait, il suffisait que les deux ordres privilégiés votent dans le même sens, celui du maintien des privilèges, et le tiers état se retrouvait en minorité.
Le tiers état demande le doublement du nombre des députés le représentant, afin que le nombre de leurs élus corresponde davantage à son poids dans la société, ainsi que le principe du vote par tête, c’est-à-dire une assemblée unique où chaque élu dispose d’une voix. Louis XVI accorde le doublement des députés du tiers état mais garde le silence sur la question du vote par ordre ou par tête.

Les députés du tiers état s’opposent au roi
Dans l’anime, Oscar tente une ultime fois de raisonner Marie Antoinette. Mais la Reine, rendue insensible à tout depuis la mort de son fils, le Petit Dauphin, et par le départ définitif de M. de Fersen, ne veut rien entendre: elle laisse partir Oscar qui va se liguer avec le Peuple et la Garde Française désunie et rebelle.
Le 1er mai 1789, les députés arrivent à Versailles. Alors que ceux du clergé (291) et de la noblesse (270) sont reçus en grand apparat, ceux du tiers état (584)[9] sont ignorés. Le 5 mai, le roi ouvre les États généraux. Son discours met en garde contre tout esprit d’innovation. Necker parle pendant trois longues heures, mais uniquement de questions financières. Aucune évocation des réformes politiques tant attendues n’est faite. Le pouvoir ne prend pas clairement position sur la question du vote par ordre ou par tête alors que les membres du tiers état se disaient mal représentés. Les ordres privilégiés prennent parti pour le vote par ordre. Le tiers état s’engage alors dans un processus de résistance en refusant de se réunir séparément des deux autres ordres. Au bout d’un mois de discussions et d’attente, le tiers état se décide à prendre l’initiative de vérifier les pouvoirs des députés par bailliage et sénéchaussée et non par ordre. Le 13 juin, trois curés répondent à l’appel. Le 16, ils sont dix.
Le 17 juin 1789, le tiers état et quelques membres de la noblesse et du clergé, sur proposition de l’abbé Sieyès, prennent le titre d’ « Assemblée nationale ». Le 19 juin, le clergé, qui compte une forte minorité de curés sensibles aux problèmes des paysans, décide de se joindre aux députés du tiers état pour la vérification des pouvoirs. Le 20 juin, le roi fait fermer la salle des Menus Plaisirs, lieu de réunion du tiers état. Ceux-ci se dirigent alors vers une salle de jeu de paume voisine.
Dans un grand enthousiasme, ils prononcent le serment du jeu de paume. Ils s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France. Le 23 juin, lors d’une séance royale, une réunion des trois ordres en présence du roi, Louis XVI ordonne aux députés de siéger en chambres séparées. Alors que les députes de la noblesse et du haut clergé obéissent et s’en vont, les députés du tiers état et ceux du bas clergé restent immobiles. Bailly, élu président en tant que doyen, lance au marquis de Dreux-Brézé venu leur demander au nom du roi de partir, cette phrase : « Allez dire à votre maître monsieur, que la Nation assemblée n’a d’ordre à recevoir de personne », à la suite de laquelle Mirabeau rajoute: « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne partirons que par la puissance des baïonnettes.» . Face à la résistance du tiers état, soutenu par le bas clergé et une cinquantaine de nobles, le roi invite, le 27 juin les trois ordres à débattre ensemble.
L’Assemblée reprend alors immédiatement sa marche en avant. Le 9 juillet, elle se proclame Assemblée nationale constituante. Durant ces journées, l’Assemblée réalise une autre révolution décisive : beaucoup de députés, effrayés par la tournure des événements, démissionnent ; l’Assemblée déclare qu’elle tient son mandat non pas des électeurs individuellement pour chaque député, mais collectivement de la Nation tout entière. C’est la mise en application du principe de la souveraineté nationale défendu par Diderot
Cette assemblée peut s’appuyer sur les espoirs de la majorité de la Nation, sur les réseaux de « patriotes ». En face, il n’y a que des ministres divisés, un gouvernement sans ressources financières et un roi velléitaire qui recule.

L’été 1789
La genèse de la révolte

Louis XVI fait mine de céder au tiers état. Mais, dès le 26 juin, il fait venir des troupes (20 000 hommes de régiments étrangers) sur la capitale. Or l’opinion parisienne est agitée. La bourgeoisie est déçue : pour l’instant, rien n’est sorti des débats à Versailles et elle a peur pour la survie de l’assemblée. Le peuple, lui, craint que les troupes ne coupent les routes du ravitaillement des Parisiens alors que, suite aux mauvaises récoltes de 1788, le prix du pain est au plus haut. Début juillet, des émeutes éclatent aux barrières d’octroi. Le roi renvoie ses ministres jugés trop libéraux, parmi lesquels Necker, contrôleur des Finances, renvoyé le 11 juillet. La nouvelle est connue à Paris le 12. Dans l’après-midi, dans les jardins du Palais-Royal, le journaliste Camille Desmoulins exhorte la foule à se mettre en état de défense. Il considère le renvoi de Necker comme une attaque contre le peuple. Dans les jardins des Tuileries et aux Invalides, les Parisiens se heurtent au régiment dit du Royal-Allemand du prince de Lambesc dont les soldats sont accusés d’avoir tué des manifestants.
Le 13 juillet, quarante des cinquante-quatre barrières d’octroi sont incendiées. Les réserves de grains des couvents sont pillées. Une milice bourgeoise se forme.

La première journée révolutionnaire
Prise de la Bastille le 14 juillet 1789. C’est là qu’Oscar, à bout de souffle, meurt pendant les premières canonades. Soutenant le Petit Peuple, sa dernière pensée ira, portée par un vol de colombes, vers André, mort la veille.
L’effervescence grandit. Le matin du 14 juillet 1789, les émeutiers parisiens partent chercher des armes. Dans une atmosphère révolutionnaire, ils pillent l’arsenal de l’Hôtel des Invalides où ils trouvent des armes et des canons mais pas de poudre. Ils arrivent ensuite aux portes de la prison royale de la Bastille pour chercher de la poudre et y retrouvent d’autres émeutiers massés devant la forteresse du Faubourg Saint-Antoine depuis le matin.
En juillet 1789, il n’y avait dans la prison que sept prisonniers dont quatre faussaires, ainsi que deux fous dangereux et un « délinquant sexuel » enfermés à la demande de leur famille (ce dernier, vraisemblablement le célèbre marquis de Sade, bien qu’il fût transféré le 2 juillet 1789 à Charenton). La Bastille représentait aux yeux de tous l’arbitraire royal. En attendant d’être démolie, elle était gardée par quatre-vingts invalides et trente-cinq suisses. Une nombreuse troupe marche sur la Bastille : le gouverneur, le marquis Bernard-René Jordan de Launay, veut résister mais, à la demande de médiateurs venus de l’Hôtel de Ville où siège un comité permanent, organe de l’insurrection bourgeoise, il rédige à la hâte un papier par lequel il accepte la reddition de la forteresse en échange de la promesse qu’il ne sera fait aucun mal à la garnison. Il laisse la foule pénétrer dans la première cour. Puis il se serait ravisé et aurait fait tirer à la mitraille : il y a des morts. Des gardes françaises mutinées amènent alors des canons pris aux Invalides : le gouverneur cède et abaisse les ponts-levis. Il est cinq heures de l’après-midi. Les Vainqueurs de la Bastille se dirigent alors vers l’Hôtel de Ville avec leurs prisonniers. En chemin, de Launay est roué de coups, massacré à coups de sabre, décapité au couteau par l’aide-cuisinier Desnot et sa tête mise au bout d’une pique. Arrivés à l’Hôtel de Ville, les émeutiers accusent le prévôt des marchands (fonction comparable à celle de maire) Jacques de Flesselles de trahison. Il est lui aussi assassiné, puis sa tête est promenée au bout d’une pique, avec celle de de Launay.

Après la victoire populaire
 A ce stade de l’anime, Oscar et André sont morts. Alain, ancien capitaine des Gardes Françaises et ami d’Oscar se retire en Bretagne, déçu par la tournure que prend la Révolution, véritable porte ouverte à tous les excès populistes.
Alors que Louis XVI reconnaît le fait accompli, la démolition de la Bastille commence. Louis XVI cède à la pression parisienne et vient en personne le lendemain annoncer à l’assemblée le retrait des troupes qui encerclaient Paris. Il rappelle Necker ainsi que tous les ministres renvoyés. À l’Hôtel de ville de Paris, tous les membres de l’ancienne administration ayant pris la fuite, Jean Sylvain Bailly, président de l’Assemblée nationale, est nommé par acclamation « Maire de Paris ». La Fayette est nommé Commandant général de la Garde nationale. Une nouvelle organisation municipale allait se mettre en place. Louis XVI reconnaît celle-ci en se rendant à Paris le 17 juillet. À cette occasion, Bailly lui remet la cocarde bleue et rouge aux couleurs de la ville de Paris que Louis XVI fixe sur son chapeau, associant ainsi ces couleurs au blanc de la monarchie. Ce geste paraît sceller la réconciliation de Paris et de son roi. Dans les faits cependant, le roi accepte que son autorité soit tenue en échec par une émeute parisienne. Les députés acceptent que leur pouvoir dépende de la violence populaire.
Pendant ce temps, la renommée des « vainqueurs de la Bastille » gagne la France entière. La force l’a emporté, venant au secours des réformateurs. Très vite, une interprétation symbolique de la prise de la Bastille est élaborée. La Bastille y représente l’arbitraire royal. Les bruits les plus fous se répandent, qui décrivent des cachots souterrains emplis de squelettes et inventent le personnage fabuleux du comte de Lorges, victime exemplaire de cet arbitraire. Lors de la démolition de la forteresse, le « patriote » Palloy mène une entreprise de propagande politique rentable en vendant des pierres gravées et des chaînes qui en proviennent. La création de médailles commémoratives et la distinction des « vainqueurs de la Bastille » permet, par la suite, à de nombreux individus d’entamer des carrières politico-militaires intéressantes.
Ces événements déclenchent aussi la première émigration : le jeune frère de Louis XVI, le comte d’Artois, les grands du royaume comme le prince de Condé, le duc de Polignac et le duc d’Enghien. Leur destination est l’Angleterre, les Pays-Bas ou l’Allemagne. Tous pensent revenir dans les trois mois.

La Grande peur dans les campagnes françaises et la nuit du 4 août 1789
En province, à partir du 15 juillet 1789 jusqu’au 6 août 1789, les campagnes bruissent de rumeurs confuses appelées « Grande Peur ». Les paysans craignent que les récoltes ne soient pillées par des brigands. À l’annonce de l’arrivée de brigands, le tocsin sonne dans les villages. Les paysans s’arment de fourches, de faux et autres outils. Quand ils s’aperçoivent qu’il n’y a aucun danger, au lieu de retourner vaquer à leurs occupations, ils se dirigent vers le château du seigneur. Ils exigent les titres seigneuriaux qui établissaient la domination économique et sociale de leurs propriétaires et les brûlent. Si le seigneur ou ses gens résistent, ils sont molestés. On compte de très rares cas de seigneurs assassinés, ainsi que des châteaux pillés ou brûlés. Face à ces violences, l’Assemblée réagit en abolissant les privilèges, les droits féodaux, la vénalité des offices et les inégalités fiscales dans la nuit du 4 août 1789. C’est la fin de la société d’Ancien Régime. Toutefois les députés, presque tous propriétaires fonciers, qu’ils soient nobles ou bourgeois, se ravisent en partie pendant la rédaction des décrets du 5 au 11 août 1789. Les droits personnels (corvées, servage…) et le monopole de la chasse pour le seigneur sont simplement supprimés. Les droits réels portant sur la rente de la terre (cens, champart) doivent être rachetés. Seuls peuvent se libérer totalement les paysans les plus riches. Les propriétaires d’offices reçoivent une indemnité qu’ils investissent en partie dans l’achat de biens nationaux. Ainsi les possédants ont pu sauvegarder leurs intérêts économiques tout en mettant fin aux révoltes paysannes.
Le 26 août 1789, l’Assemblée constituante vote la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. S’inspirant des principes des Lumières, elle est une condamnation sans appel de la monarchie absolue et de la société d’ordres. Elle est aussi le reflet des aspirations de la bourgeoisie de l’époque: la garantie de libertés individuelles, la sacralisation de la propriété, le partage du pouvoir avec le roi et à tous les emplois publics.

Paris de nouveau capitale
Dès septembre 1789, l’Assemblée vote les premiers articles de la future constitution limitant le pouvoir royal. Les difficultés d’approvisionnement de Paris en grains et une rumeur relative au piétinement de la cocarde tricolore par le régiment de Flandre fidèle au Roi, provoquent les journées des 5 et 6 octobre 1789, où une foule majoritairement composée de femmes se rend à Versailles voir le roi. Ce dernier va dans un premier temps satisfaire leurs revendications. Dans la même journée, le président de la constituante Mounier, va à nouveau demander que Louis XVI promulgue la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et les lois du 4 et du 26 août abolissant la société d’ordres. Dans la soirée, à la demande de la commune de Paris, La Fayette arrive également à Versailles. Le lendemain à l’aube, une partie de la foule menace la famille royale et deux gardes du corps sont tués. Grâce à l’intervention de La Fayette (selon les conclusions de l’enquête rendues par le châtelet, sur cet évènement, pivot de la révolution : « le salut du roi, de la reine, de la famille royale, fut uniquement dû à la Garde nationale et à son général »)[13]. A la suite de cette journée, le roi accepte de quitter Versailles.
Désormais, le roi et l’Assemblée nationale siègent à Paris, surveillés par la Garde nationale et menacés par l’émeute.
Le pouvoir royal s’en trouve extrêmement affaibli. La France reste une monarchie mais le pouvoir législatif est passé entre les mains de l’Assemblée constituante. Des commissions spécialisées issues de l’Assemblée ont la haute main sur l’ensemble de l’administration qui se soucie de moins en moins du pouvoir du roi. Les ministres ne sont plus que des exécutants techniques surveillés par l’Assemblée. Néanmoins, le roi garde le pouvoir exécutif. Les lois et décrets votés par l’Assemblée ne sont valables que si le roi les promulgue. Par ailleurs, les intendants et autres agents de l’administration de l’Ancien Régime restent à leur poste jusqu’à la formation d’une nouvelle administration. Jusqu’à l’été 1790, les intendants qui n’ont pas démissionné continuent d’exercer leurs fonctions, bien que leur étendue ait été considérablement réduite.

Des jeux sur le thème de la Révolution Française.
Curieusement, la Révolution Française, épisode épique et tourmenté de notre histoire, qui a su inspirer les fondements modernes des démocraties, n’a pas inspiré énormément de jeux de société.
Parmi les plus notable nous citerons:



*Guillotine, petit jeu de cartes irrévérencieux où chacun essaie vainement d’échapper à la guillotine.





* Liberté, jeu de Wallace plus complexe, à la fois politique et de gestion, dont une réédition chezValley Games, annoncée depuis de longues années, et maintenant improbable.










* La Révolution Française, la patrie en danger
, jeu d’influence politique de Jean-Charles Gérard et Jean-Marie Roso, très difficile à trouver, hélas, et que j’accepte volontiers de ceux qui voudront me l’offrir ^^


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