par Oscar de Jarjayes
Chers Seigneurs,
la ludothèque de Jarjayes a enregistré, suite au festival d’Essen, l’entrée de 27 jeux, plus 6 jeux indépendants du salon d’Allemagne.
Enfin, avec le futur arrivage de 5 jeux qu’ il me tenait à coeur de posséder, nos bonnes vieilles étagères du château devront supporter le poids d’environ 600 boîtes à présent !
Je pense donc ne ramener aucun jeu de Cannes cette année, sauf ceux à offrir.
Certains des récents titres ont été joués immédiatement et nous reviendrons bientôt sur ceux qui ont été les plus appréciés (Les trois mousquetaires, Les aventuriers, Cyclades, Martinique…)
D’autres sont encore enveloppés de cellophane et attendent patiemment que le vieil Oscar ait le temps et le courage d’en lire ou d’en traduire les règles (Dungeon Lords,Sector 41, Ad’Astra..).
D’autres enfin ont été joués récemment et je vous propose ci-après une petite description de ceux qui ont été le plus acclamés.
Ubongo:
Honte sur moi ! Je ne le connaissais pas ce petit jeu sympathique qui tient à la fois du Tetris pour l’assemblage, du Jungle speed pour le stress, et d’un décompte à la Knizia pour ce qui est de la victoire et des collections de gemmes.
Tout à fait familial, car on peut adapter le niveau de difficulté, ce jeu me semble être une transition parfaite entre les jeux abstraits et les jeux de majorités dont il semble issu. Les parties sont extrêmement rapides et tendues, la victoire n’allant pas systématiquement à celui qui a collectionné le plus de pierres, mais à celui qui aura fait preuve d’acuité visuelle et intellectuelle et qui aura su constituer les meilleures majorités de couleurs. À ma connaissance, très peu de jeux exploitent ce système très malin: le plus illustre d’entre eux reste certainement le fameux Tigre et Euphrate du docteur.
Vasco de Gama :
Voici donc le jeu qui créa tant de buzz au salon d’Essen ! La lecture d’une règle particulièrement fluide est bien rédigée par l’équipe d’Iello nous met immédiatement dans l’ambiance d’un jeu qui semble au croisement d’un ‘Piliers de la Terre’ ou d’un « Âge de pierre », c’est-à-dire l’un de ces jeux clonés sur l’illustrissime Caylus et que l’on a pris pour habitude d’appeler « Jeux de route ». Chaque armateur devra équiper des expéditions les plus lucratives possibles, mais cela demande une programmation de tous les instants, et une gestion très serrée de son budget. D’autant que l’on est pas certain de pouvoir occuper les meilleures places, et que celles-ci se payent à un prix toujours incertain : plus on a de chances (en choisissant des jetons de faible score) de jouer en premier — ou du moins avant l’adversaire — et donc d’occuper les meilleures places, plus l’action sera chère, et l’incertitude de son prix très fluctuant devra durer jusqu’au dévoilement de la tuile Vasco de Gama. Les personnages à pouvoir viennent compléter une panoplie de mécanismes que l’on retrouve dans divers jeux la même veine. On reste donc dans du classique et de l’efficace, sur un thème qu’ « Au nom du Roi » avait maladroitement exploité. Les habitués de « Cuba », et autres « Tribun », ne seront pas déconcertés ni surpris par ce très bon Vasco de Gama.
Endeavor:
Dans la foulée, évoquons un autre jeu sur le thème des expéditions maritimes. Ce titre de chez Z-Man maintenant publié en français par Ystari — dont je tiens au passage à souligner la qualité de traduction — me laissait de marbre dans son principe de collecte de jetons, de faux combats et de pauvreté du thème. Pourtant, mes premières parties ont dissipé cette appréhension : on y développe vraiment une métropole, on organise réellement la conquête des routes commerciales, l’interaction y est réellement efficace. La seule réticence que je trouve exprimer concernant ce jeu et que, initialement configuré pour trois à cinq joueurs, ce n’est que là qu’il donne sa pleine mesure.
La variante pour deux généreusement proposées par Ystari permet en effet d’accéder à des parties en duo, mais la lourdeur de la gestion des couleurs neutres démontre bien que le jeu n’est pas prévu pour cette configuration-là.
Luna llena:
Puisque nous parlions de la clarté des règles, difficile de mettre Luna llena sur le même plan que les deux jeux précités ! Sur un thème finalement peu exploité, la lycanthropie, cette Pleine lune est a priori dissuasive du fait de la confusion qui règne dans des pages d’une longueur harassante. Le matériel non plus n’est pas à la hauteur des standards actuels : le carton y est de faible qualité, aucun espace de rangement prévu, les cartes n’y sont pas très épaisses. Pourtant la boîte ne prendra pas la poussière, car il s’agit d’un jeu coopératif assez original et très complet, qui semblent vraiment avoir été bâti autour du thème qu’il évoque. Ces pauvres étudiants dont deux sont déjà, dès le début de la partie, les otages des vilains loups-garous, devront faire preuve d’ingéniosité,de chance et d’abnégation pour pouvoir trouver le repaire des lycanthropes, y dénicher la carte qui leur révélera les deux tuiles de sortie de ce bois maudit, et ce n’est qu’à la nuit tombée qu’ils sauront qui parmi eux et les otages ont été mordus et infectés par les êtres nocturnes. Fourmillant de bonnes idées, le jeu est très fun, et c’est le seul à ma connaissance à proposer aux joueurs l’ambiguïté du camp auquel ils appartiennent, un peu à la façon de Battlestar Galactica lorsqu’on ne sait pas encore si on est un Cylon. Ce jeu me fait irrémédiablement penser au film
d’épouvante « Le projet Blair Witch ». Dommage que la qualité d’édition ne suive pas l’inventivité des auteurs.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire