par Oscar de Jarjayes

Les 10 et 11 Avril 2010, le château de Tallard, accueillera les 4ème Médiévales du Jeu.
Cette magnifique forteresse Haut-Alpine, demeure jadis du Seigneur Bernardin de Clermont, se situe à la croisée des routes des Templiers et de Saint Jacques de Compostelle.
Nous avons pris pour coutume d’y présenter deux fois l’an des jeux de société à thème Médiéval où les divers aspects de la société du Moyen-Âge sont représenté: Paysannerie, Féodalité, Guerres, Religion… mais aussi des jeux anciens, des jeux traditionnels, des jeux faits de pierre ou de bois.
Car, loin de nos Caylus, Montjoie et Fief, le Moyen Âge pratiquait ses jeux à lui, balbutiements du plaisir paisible que l’on avait à partager au sein d’une époque bouleversée…
Les jeux qu’apprécient les hommes du Moyen Âge sont hérités, pour la plupart, de ceux pratiqués par les Égyptiens, les Romains et les Grecs. D’autres proviennent de la lointaine Asie après avoir transité par les pays arabes. Le divertissement est souvent associé aux jours de fête religieuse, mais également, vers la fin du Moyen Âge, aux dimanches (fériés depuis 1321).
Après avoir assisté à l’office, tout le monde regarde les processions, chante, danse, admire les artistes ambulants, jongleurs, montreurs d’ours et de singes savants, funambules, acrobates, avant de s’adonner pour le restant de la journée aux multiples jeux.
Car au Moyen Âge, tous jouent : les rues et les châteaux s’animent au rythme des affrontements de la soule, des parties d’échecs, des rires des enfants à colin-maillard …
Jeux d’enfants
Les enfants se divertissent, jouent au cerceau, à la toupie, au ballon (en peau et en chiffon), aux billes (faites d’argile, de noix, de marrons), au diable boiteux ou aux osselets…
Jean Colin-Maillard est un guerrier du pays de Liège au Xe siècle, anobli par le roi Robert en 999, a son nom aurait accolé celui de Maillard à cause du maillet redoutable dont il était armé.
On raconte que dans une bataille qu’il livrait au comte de Louvain, il eut les yeux crevés et n’en continua pas moins de se battre, frappant au hasard tout autour de lui. Le jeu de Colin-maillard ne serait qu’un souvenir et une imitation de ce fait
Si certains jeux d’adultes, comme les dés ou la lutte, sont pratiqués par les enfants, certains jeux d’enfants amusent également les adultes : la marelle, les billes…
Jeux de société
Les échecs : chevaliers et nobles gens s’exercent aux échecs et développent ainsi de véritables stratégies guerrières.
C’est à la fin du Xe siècle que ce jeu de guerre, d’origine indienne, est transmis à l’Occident par les Arabes. En moins d’un siècle, les échecs se répandent dans toute la société médiévale. Ils connaissent un grand succès tant auprès de l’aristocratie européenne dont c’est rapidement la distraction favorite, que dans les classes populaires où l’on jouait avec des dés et pour de l’argent. Bien des éléments du jeu arabo-persan déroutent cependant les Occidentaux. Près de deux cents ans seront nécessaires pour transformer ce jeu de guerre en un jeu de cour en adéquation avec les valeurs de la société féodale. Ce sont surtout les pièces qui ont évolué, prenant une forte « connotation symbolique » : l’échiquier représente la ville nouvelle du Moyen Âge où prennent place les différentes catégories sociales de la société médiévale.
Le jeu du roi qui jamais ne ment : aimable divertissement dont le but était de répondre aux questions insidieuses, curieuses ou oiseuses, brièvement et avec le plus de repartie possible (actuel jeu « action ou vérité »).
Le jeu du propos: consistait à se placer en cercle et à dire à tour de rôle, dans l’oreille de son voisin, un mot qui n’avait rien à voir avec ce que l’on venait d’entendre.
Le jeu du « chapifou » ou du « qui ferry ? » : on désignait un joueur, on lui bandait les yeux et on le plaçait au milieu des autres, à charge pour lui de reconnaître celui qui l’avait frappé avec plus ou moins de vigueur.
Jeux d’adresse et de hasard
Le billard de terre: se jouait en plein air avec un bâton, gros et court, pour pousser les billes au ras de terre.
Le jeu des jonchets: il consistait à étaler sur une table des bâtonnets et à les retirer un à un sans déplacer les autres (actuel mikado).
Le jeu de dés: il a exercé au Moyen Âge une influence profonde sur les comportements, et sa place dans la société médiévale est loin d’être anecdotique. Ainsi de nombreuses fortunes ont été brisées par une trop forte passion du « geux de dez ».
Les dés que les déciers ont fait
M’ont dépouillé de mes habits
Les dés m’occient
Les dés me guettent et m’épient
Cela m’accable.
Rutebeuf (XIIIe siècle)
Cet attrait des « geux de dez » a brisée la vie, la carrière ou délesté la fortune d’hommes illustres ou nobles. Il apparait que du soudard en campagne, jusqu’au plus grand seigneur, le jeu de dés a exercé au Moyen-Age une influence profonde. C’est un des jeux les plus anciens du monde, sûrement de racine orientale. Le dé médiéval (alea, decius, dez) est un peu différent du nôtre. Il ne comporte pas de chanfrein aux angles, donc il ne roule pas bien. En outre il est très petit (1 cm maximum) du fait de la matière utilisée (os, corne, bois, argile pour le gueux. Ivoire, argent, pierre, pâte de verre pour les riches). Le marquage des faces est identique au nôtre (2 faces opposées =7). Les dés étant difficile à fabriquer, chaque joueur possédait ses propres exemplaires. Le jeu se prête à nombre de tromperies du fait de la petitesse des pièces:
"dez longuez" pour qu’ils ne soient plus cubiques.
"dez plombez" avec ajout de matière.
"dez vuidez" légèrement creusés…
La passion du jeu est tellement forte qu’elle se termine souvent par des altercations. L’Eglise lance l’anathème contre les joueurs de dés (à la fin du Moyen-Age, le dé est un instrument maléfique !) St Louit interdit même les écoles de dés. Rien n’y fit.
Le dé médiéval, appelé « alea », « taxillus », « madame », « decius » ou « dez », est fabriqué par les « deiciers » en os, corne, bois, argile ou cire pour les exemplaires communs et ivoire, or, argent, pierre et pâte de verre pour les plus prestigieux. Ce sont les accessoires les plus personnels au Moyen Âge. »
Le marquage (« pointure ») des dés du Moyen Âge est identique à celui de notre époque : le total de deux faces opposées est toujours égal à sept. Un dé ne respectant pas cette règle est dit « mespoinz ».
Exercices militaires
Le béhourd: on pouvait s’entraîner sur un champ ou dans les lices du château, en s’élançant l’un contre l’autre, rompant des lances et tâchant de se désarçonner mutuellement.
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| La quintaine |
Les tournois: le véritable sport de l’aristocratie médiévale, c’est la guerre. On se livre donc au tournoi ou à la joute, qui sont ordonnés selon des règles très strictes :
Présentation des champions et des bannières.
Armement du chevalier par le soin de l’écuyer.
Choix de la dame.
Des hérauts d’armes donnaient le signal des combats.
Les vaincus devaient abandonner leurs chevaux, leur harnachement, payer rançon. Un prix était accordé aux vainqueurs : faucon dressé, couronne, mouton doré.
Jeux de balle et de main
Le jeu de boules: il correspond à notre actuel jeu de pétanque. Il était très apprécié des paysans dans leurs moments de détente. L’enjeu pouvait être le vin, le cidre ou la cervoise.
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| La soule |
La soule se jouait avec l’éteuf – un gros ballon fait de paille, de mousse ou de foin qui était placé dans un étui de bois circulaire. On pouvait jouer avec les pieds, les poings, ou encore avec des bâtons recourbés. Il s’agissait de faire pénétrer la balle dans le camp adverse. On s’affrontait entre habitants du même village, par exemple, l’équipe des célibataires défiait l’équipe des hommes mariés. Ce jeu brutal pouvait aussi mobiliser une paroisse contre une autre, et l’affrontement n’avait alors rien d’amical, la partie se transformant en bataille rangée dont l’enjeu était la conquête d’un champ (très important quand il délimitait deux villages).
Le jeu de paume : très prisé par la noblesse du Moyen Âge, ce jeu se pratiquait à l’extérieur ou dans un espace spécialement aménagé. On se servait du creux de la main pour lancer la balle, car ce n’est qu’à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que l’on voit apparaître la raquette ou le battoir.





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