Quand les portes de Beltaine s’ouvrent toutes grandes le 1er Mai, le soleil et les fleurs accueillent la procession de l’année dans les salles vertes de l’été naissant.
Au Février d’Imbolc, nous nous réjouissions du retour de la lumière, maintenant le petit peuple célèbre la vie, la croissance, l’amour et la sexualité.
Ethymologie
La seconde syllabe de « Beltaine » signifie « le feu », c’est un fait tenu pour certain ; en revanche, les linguistes ne savent pas si « Bel » se réfère au Dieu Bélénos, l’Apollon Gaulois, ou dérive simplement de « bel » qui signifie brillant.
Il pourrait même dériver de « Bil Tene », le « Feu favorable » car sauter entre deux feux de Beltaine, c’était s’assurer une destinée prospère, un bétail en bonne santé…
Célébrer Beltaine
Dans la mythologie Irlandaise, les événements qui marquent la fin d’un ordre ancien et le commencement d’un nouveau cycle ont fréquemment lieu à Beltaine.
Ce fut le cas de l’arrivée des Tuatha dé Dannan, la race des Dieux chevauchant les destriers des limbes et régnant sur le Petit Peuple jusqu’à l’avènement des fils de Mil, véritables ancêtres des Irlandais.
Le triomphe du christianisme, symbolisé par la fusion des cultures et rites anciens et nouveaux, fut proclamé par Saint Patrick qui alluma un feu immense près de Tara, sur la colline de Slane, lors d’un premier Mai.
La veille de Beltaine, les druides et leurs successeurs se rassemblaient sur de hautes collines orientées vers le soleil levant.
Ils venaient allumer là de grands feux qui apportaient le pouvoir du soleil sur la Terre, et pour se préparer au cycle nouveau,on y sacrifiait des animaux.
Le feu était l’élément purificateur, et les flammes des mains ardentes, levées en prière vers le ciel.
Bien des siècles plus tard, le monde Celtique faisait cesser à Beltaine tout feu domestique en vue d’allumer le «Feu de nécessité », dont le brasier se nourrissait du bois de neuf arbres sacrés : le saule des rivières, le noisetier des rochers, l’aulne des marais, le bouleau des cascades, le frêne de l’ombre, l’if de la résistance, l’orme de la colline, le chêne du soleil, la neuvième essence étant mystérieuse, et connue des seuls druides et initiés.
Le « feu de nécessité » ne pouvait provenir que de la main d’un homme vertueux, car un vilain coupable de meurtre, d’adultère ou de vol risquait de transmettre au brasier ses mauvaises valeurs coutumières.
Trois fois trois fois, trois fois neuf fois ou neuf fois neuf fois, la torche s’enroulait au-dessus d’un agaric combustible et le bouleau, arbre du début et de la pureté, devait s’embraser le premier ! (Rappelons que le trois, union du 2 et du 1 symbolise la fécondité, la religion, l’absolu : Triskells et Trinité !)
Le bétail, et les mortels venaient alors rejoindre la cérémonie.
Jusqu’au XIXè siècle, les collines étaient illuminées pour Beltaine, les enfants, pieds-nus, brûlaient des tisons d’ajonc et de bruyère secs et les faisaient tourner au dessus de leurs têtes, comme pour se coiffer de soleil.
Les danseurs déployaient des rondes, évoluaient en cercles, sautaient par-dessus les flammes pour se protéger des influences néfastes.
Cette tradition perdure jusqu’à nos jours au-travers des feux de la Saint Jean.
Les filles traversaient le feu pour trouver un bon mari, les enfants y accompagnaient leur mère en marchant sur les braises.



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