par Astrasah
Située dans les Monts de Judée, à 745 m, Jérusalem est devenue en trois mille ans, le lieu saint de trois grandes religions monothéistes.
Cette contrée mythique est une source inépuisable d'inspiration, tant pour les artistes, les gens en quête de Spiritualité et d'Histoire, que pour les créateurs de jeux.
Récemment, Jérusalem, jeu de Michele Mura, auquel je consacrerai sous peu un article complet, propose d'être l'artisan de la gloire médiévale de la ville sainte, alors que Claustrauphobia, jeu de Croc présenté dans mon dernier billet, vous incitait en découvrir les sordides bas fonds.
Aujourd'hui, je vous invite à découvrir Jérusalem de l'intérieur.
Le Roi David
L'existence de Jérusalem dans l'Antiquité est incontestable. Les fouilles menées dans la cité de David - l'éperon rocheux qui, de nos jours domine le village arabe de Siloé au sud des murailles de la Vieille Ville - indique l'occupation constante du site pendant cinq millénaires. Les travaux entrepris sur les lieux ont mis à jour une monumentale structure à degrés, échelonnée sur une vingtaine de mètres de hauteur, dont la construction avait été entreprise entre le XIIe et le Xe siècle avant JC. Il n'est pas exclu qu'il s'agisse des fondations d'une forteresse jébuséenne conquise et agrandit par la suite par David.
Indépendamment des découvertes archéologiques et du récit biblique, Jérusalem est évoquée dans divers documents anciens. La référence la plus reculée qui nous soit parvenue remonte aux abords de l'an 1900 avant JC et figure dans les "Textes d'exécration", malédictions à l'endroit d'adversaires du pharaon d'Egypte inscrites sur des poteries destinées à être brisées et enterrées selon des rites particuliers, dans l'espoirs de se débarrasser de ces ennemis. Jérusalem vivait apparemment une époque d'hostilités avec l'Egypte, comme en témoignent les tablettes d'argile découvertes à Tell el- Amarna, site du palais du pharaon réformateur Akhenaton. Sur l'une d'elles, qui date du XIVe siècle av. JC, Abdu-Heba, roi de Jérusalem, prête serment de loyauté au monarque égyptien.
Récemment encore, l'existence du roi David n'était confirmée que par la Bible. On ne trouve aucune référence le concernant dans les documents égyptiens, syriens ou assyriens de l'époque et les nombreuses fouilles menées dans la Cité de David même n'ont pas apportées de preuves dans ce sens.
Il fallut attendre le 21 juillet 1993 pour qu'une équipe d'archéologues trouve à Tel Dan, en Galilée septentrionale, un morceau de basalte de 23 x 36 cm portant une inscription en araméen. Identifié par la suite comme vestige d'une colonne de victoire érigée par le roi de Syrie et plus tard détruite par un souverain israélite, l'inscription (IXe siècle av. JC) date d'un siècle après la conquête supposée d’Israël par David et porte la mention Beit David ("Maison" ou "Dynastie" de David). C'est la première évocation relativement "contemporaine" jamais trouvée sur David. On ne peut la considérer comme totalement probante, mais elle n'indique pas moins qu'un roi du nom de David avait fondé une dynastie en Israël à cette époque.
Saint Sépulcre
Constantin le Grand qui fut le premier empereur romain à épouser le christianisme, en fit la religion officielle de l'empire romain. Constantin, d'abord maître de la région occidentale de l'Empire Romain (306), devint l'unique empereur après avoir battu en 324 ses trois co-régents. Il tint ferme les rênes d'un pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 337. Il fit de Byzance, qu'il reconstruit et rebaptisa Constantinople, sa capitale. En 326, impliqué dans une controverse ecclésiastique, il convoqua une assemblée d'évêques venues de tous les points de l'Empire. parmi eux se trouvait Macarius, évêque d'Aelia Capitolina, comme était encore appelée Jérusalem. La mère de l'empereur, la reine Hélène, convertie au Christianisme fut très impressionnée par les récits de Macarius touchant à l'état lamentables des lieux sanctifiés par la vie et la mort de Jésus. Avec la bénédiction et les fonds de son fils, elle se rendit en terre Sainte.
Elle identifia à Jérusalem le site de la Crucifixion (le roc tenu pour être celui du Golgotha), et la tombe proche connue comme Anastasie (résurrection en grec). L'empereur décida de bâtir un sanctuaire approprié au site: ce fut la magnifique église du Saint-Sépulcre, décrite en détail par Eusèbe, historien et biographe de l'époque.
L'église, détruite par les Perses en 614, fut en partie reconstruite par la suite, puis détruite derechef par le calife égyptien Hakim avant d'être reconstruite en 1048 par l'empereur byzantin Constantin Monomaque. En 1143, les croisés rebâtirent l'église toute entière sous un seul toit, avec maints ajouts et modifications. Au cours des siècles suivant, l'édifice se délabra.
Dans les années 1960, dans le cadre d'une restauration envisagée de l'édifice, une étude d'ensemble fut entreprise, incluant des fouilles sous les fondations de la basilique actuelle, qui adoptait pour l'essentiel le tracé de l'église des Croisés.
On reconstitua le plan de l'église primitive en se basant sur des sources écrites, des preuves architecturales ainsi que des découvertes faites pendant l'étude.
L'église byzantine était composée de quatre éléments distincts: l'entrée depuis la rue principale le Cardo (aujourd'hui rue marchande de la Vieille Ville), menant à une cour (atrium oriental), puis vers la basilique (le martyrion), et vers une atrium intérieur (le jardin sacré) et vers l'extrémité occidentale, la rotonde (anastasis) où se trouve le sépulcre.
Palais Royal
A la mort de Saül, David fut proclamé roi à sa place. Le nouveau monarque s'installa d'abord à Hébron, puis il s'empara de Jérusalem qui était habitée par le peuple Jébuséen. David fit de Jérusalem sa capitale et il la déclara ville sainte. Il fit entrer solennellement l'Arche d'Alliance dans Jérusalem.
Le règne de David fut marqué par une grande renommée de puissance, et en même temps de piété envers le Dieu d'Israël. Il commit cependant une injustice en s'appropriant une femme, Bethsabée, dont il fit périr le mari.
A cause de cette faute, Dieu le punit en lui suscitant des ennemis étrangers, ce qui provoqua un état de guerre permanent. Cependant, David fut presque toujours vainqueur, permettant à Israël d'étendre don territoire. Il fit alliance avec le roi phénicien, Hiram de Tyr, avec qui il entretint des relations commerciales. Il fit construire à Jérusalem un somptueux palais royal qui devint sa résidence principale.
(2 Samuel 5, 9-11)
"David s'établit dans la forteresse, qui fut appelée "cité de David", et David bâtit alentour, depuis Melo, et à l'intérieur. Et David allait toujours grandissant, et Yahweh, Dieu des armée, était avec lui. Hiram, roi de Tyr, envoya à David des messagers, avec des bois de cèdre, des charpentiers et des tailleurs de pierre d'appareil, qui bâtirent une maison à David."
En quête du Palais de David
Archéologue de profession et issue d'une famille d'archéologues, l'Israélienne Eilat Mazar rêvait de redécouvrir les reste du palais que le roi David s'était fait construire à Jérusalem. Elle avait acquis sa première expérience de terrain en étudiant l"architecture phénicienne, puis s'était recentrer sur les fouille de l'enceinte historique de Jérusalem. On cherchait alors l'hypothétique palais royal de David dans l'ancienne "Cité de David", au sud du mont du Temple qui domine la cité sainte. L'enceinte de la "cité de David" avait été fouillée de manière systématique, sans jamais avoir révélée le moindre palais. La plupart des archéologues pensèrent que l'existence du palais biblique de David était une légende. Loin de se décourager, Eilat Mazar se persuada au contraire qu'on n'avait pas fouillé au bon endroit. Plusieurs indices en effet l'avait amener à penser qu'il fallait chercher le palais, non pas à l'intérieur de la cité, mais à l'extérieur.
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| The Northern Tower of the Stepped Stone Structure is outlined in red. Photo: Courtesy Eilat Mazar. |
Pourquoi le palais se trouverait-il en dehors du rempart? D'abord à cause d'un détail topographique donné par un verset biblique. Le second livre de Samuel précise en effet que lorsque le roi David habitant Jérusalem fut menacé par une attaque philistine, il "descendit vers la forteresse" (2 Samuel 5, 17). D'où descendait-il? S'il sortait de sa résidence, cela pourrait signifier que celle-ci était bâtie en un lieu extérieur et en légère hauteur par rapport à la ville fortifiée.
Les récentes fouilles entreprises par Mme Mazar dans la cité de David, au sud du Mont du Temple, ont ébranlé le monde de l'archéologie. Elle a en effet mis au jour un édifice massif qui sommeillait là depuis 3000 ans et dont elle pense qu'il s'agit du palais du roi David.
Les découvertes importantes faites sur ce site, en particulier un énorme mur désigné comme "la structure en pierre à degré" ont pousser Mme Mazar à continuer à chercher à localiser le palais de David lui-même.



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